Jelora

L'argentique

L’argentique est quelque chose qui occupe une bonne partie de mon temps libre à faire des photos de lieux ou d’événements auxquels je suis allé, de moments vécus et de souvenirs avec des amis ou de la famille ou tout simplement de trucs qui me plaisent, mais aussi à faire les développements moi-même !

Avec le temps, j’ai accumulé un petit arsenal qui provient de vieux matos de famille, de trouvailles en brocante et d’achats sur le net. Tous ont leurs caractéristiques et des rendu différents.
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Et vu que j’aime bien savoir faire les choses par moi-même, je fait tous développements moi-même, que ça soit pour le noir&blanc ou la couleur.
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J’ai accumulé pas mal de pellicules expirées dans mon congélo avec quelques marques et modèles de pellicules qui ne sont plus trouvables et que je ressort de temps en temps lorsque l’occasion s’y prête. La majorité ont étés stockés 6 mois avant leur date de péremption. De cette manière, elles pourront être ressorties au meilleur de leur forme, c’est à dire, avec leur meilleur rendu colorimétrique. Hormis quelques unes que j’ai pu retrouver un jour en haut d’un placard ou derrière un meuble en faisant du rangement, toutes sont en parfait état et sont conservés pour une utilisation future au frais sans qu’elles ne se déradent.
J’y stocke également les concentrés des chimies argentiques. Cela me permet d’éviter qu’ils s’oxydent et qu’ils se dégradent.
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Pellicule: Agfa HDC Plus 100 expirée 2001 (conservée au congélo)
Appareil photo: Minolta X-700
Lentille: Minolta MD Rokkor 50mm + Rollei UV Filter
Développement: Tetenal C41

J’ai commencé l’argentique après avoir retrouvé un vieux reflex Minolta XG-9 et un Kodak SIX-20 Brownie C dans un placard chez mes grand-parents.
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Je m’étais dit "Waaa, un reflex !". Et il fonctionnait encore ! Mais sauf qu’au moment de l’avoir trouvé en 2008, la disparition des petits labos pour développer ses pellicules avait déjà commencé. On pouvait trouver encore quelques pellicules dans les supermarchés mais le charme des petits labos n’était pas là. J’ai donc commencé à chercher où est-ce qu’il était possible d’en trouver sur Internet et s’il était possible de faire le développement soit même. C’est là que tout à commencé.

Début 2009, j’ai commandé quelques pellicules Ilford HP5+ puis quelques Ilford Delta, un révélateur et fixateur Ilford et du matériel pour mon petit labo argentique personnel (une cuve pour 1 film, un broc et une éprouvette pour les dosages). Mes premiers résultats n’étaient pas toujours extraordinaires mais ils étaient là et ils me plaisaient !
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Pellicule: Ilford HP5+ (1ère et 2e photo) et Ilford Delta 100 (3e photo)
Appareil photo: Minolta XG-9
Lentille: Minolta MD Rokkor 50mm
Développement: Ilford ID-11 ou Ilfosol 3

Avec le temps et l’expérience, je me suis amélioré et les résultats devenaient bien classes.
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Pellicule: Ilford HP5+
Appareil photo: Minolta XG-9
Lentille: Minolta MD Rokkor 50mm
Développement: Ilford Ilfosol 3

Pour la couleur, j’ai toujours entendu dire que c’était compliqué, que les chimies devaient être maintenu à une température ultra constante, ultra précise, qu’il fallait parfaitement respecter les temps de chaque produit et que, si on ne faisait pas cela, les résultats allaient être catastrophique et que c’était une perte de temps de faire ça soit même. Mais j’aime bien expérimenter par moi-même même si ça peut-être compliqué et si je ne testais pas par moi-même, je ne saurais jamais vraiment personnellement si c’est aussi compliqué que ça ou non. En Octobre 2015, j’ai commandé un kit de développement couleur Tetenal C41 1L pour tester et quelques Fuji Superia 200. Ce n’était pas trop chère, donc si ça ne marchait pas, je me serais dit "tant pis" mais, au moins, je l’aurais fait. Je regarde la documentation en ligne des chimies et regarde qu’on peut faire le développement à 38°C ou à 30°C mais dans les deux cas, la température doit être un minimum constante. J’ai pensé alors utiliser la technique du bain-marie avec une casserole et un sous-plat pour mettre les produits à bonne température de façon suffisamment constante.
Une fois les chimies et les pellicules reçues, je suis partit dans le parc pas loin de chez moi armé de mon Minolta XG-9 chargé avec une pellicule Fuji Superia 200. C’était l’automne, il faisait encore beau et les feuilles des arbres avaient de multiples couleurs allant du vert au doré. C’est une période de l’année très agréable à voir avec toutes ces couleurs encore chaleureuses.
Une fois rentré, je prépare les solutions en suivant la doc, je rempli la casserole avec de l’eau chaude, je met les bouteilles des produits préparés dans l’eau et j’attends que l’eau et les produits soient aux alentours de 30-31°C pour commencer et c’est partit. Puis, après avoir fini, léger stress au moment de sortir la pellicule de la cuve … "Oh ! Il y a des photos sur la pellicule !". Il semblerait que ça ait marché ! Je scanne le tout et voilà :
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Pellicule: Fuji Superia 200
Appareil photo: Minolta XG-9
Lentille: Minolta MD Rokkor 50mm
Développement: Tetenal C41

Puis par suite, j’ai continué mes expériences argentiques avec l’inversible en E6, tourner et développer des pellicules Super8 (spoiler : c’est faisable mais c’est galère à manipuler 15 mètres de pellicule dans le noir et c’est cher pour juste 2 à 3 minutes de film), tirage papier n&b et couleur RA-4.

Ce qui me plaît le plus dans l’argentique comme je le fait, c’est de tout faire moi-même, le coté fait maison, et d’obtenir quelque chose de physique à la fin qui me plaît et qui reste.
J’aime sélectionner telle ou telle pellicule afin obtenir tel ou tel résultat qui a pour but soit d’être beau, expérimental ou mémorisable, effectuer un ensemble d’opérations techniques visant à obtenir un enregistrement chimique et non informatique, de pouvoir voir et toucher la mémoire d’un événement qui a été capturé et figé. En numérique, on obtient de très beau résultats de nos jours et très facilement mais on ne peut plus toucher directement ce qui a été capturé et conservé, c’est à travers un ordinateur ou un écran qu’on voit seulement ce qui a été mémorisé. Il n’y a plus de contact physique avec la trace créée.
J’apprécie autant l’argentique et le numérique pour leurs caractéristiques. La photographie numérique tend vers une perfection du visuel sans altération ni défaut. Cela peut plaire dans certaines occasions mais quelque chose a-t-il besoin de tendre toujours vers le parfait pour plaire ?
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Pellicule: Agfa HDC Plus 100 expirée 2001 (conservée au congélo)
Appareil photo: Minolta X-700
Lentille: Minolta MD Rokkor 50mm + Rollei UV Filter
Développement: Tetenal C41

Pour finir, petite histoire de 2014 : J’étais en Lozère, les paysages sont très beau et je n’avais pas pris assez de pellicules n&b avec moi. Le vieux labo photo à Mende, chez Soto, existait toujours et je me dit qu’il avait peut être encore quelques pellicules à vendre. J’arrive et je demande " Bonjour, 2 pellicules Ilford HP5+ s’il vous plaît.". Le vendeur, le patron, en avait bien sur ses étagères et sa réponse m’a bien marrer : "Oulà, ça fait un moment que j’en ai pas vendu ! Je me demande si la touche [de la caisse enregistreuse] marche encore !". La touche a fonctionné et j’ai pu avoir mes pellicules et faire de jolies photos.
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Pellicule: Ilford HP5+
Appareil photo: Minolta XG-9
Lentille: Minolta MD Rokkor 50mm
Développement: Ilford Ilfosol 3

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